Aujourd’hui, Charles Annoni, chef de projet chez GDM-Pixel, agence web à Caen, vient nous expliquer comment on peut améliorer sa visibilité sur les moteurs de recherche grâce au référencement naturel.

 

A l’heure où le gouvernement parle d’une révolution numérique, la France accuse un certain retard par rapport à ses voisins anglo-saxons. Les labels comme la French Tech ont le vent en poupe, et les usages du numérique commencent à s’implanter très sérieusement dans les entreprises.

Pourtant, force est de constater que de nombreuses sociétés manquent cruellement de visibilité dans les moteurs de recherche. Pour cause : un manque d’investissement dans les techniques de référencement naturel. Il existe pourtant dans  l’Hexagone de très nombreuses sociétés proposant ce genre de service, et la France possède certains des plus brillants référenceurs dans le monde. Faisons le point sur cette discipline méconnue. 

 

Le SEO :  pas si simple…

Le référencement naturel, ou Search Engine Optimisation (SEO), c’est un ensemble de connaissances et de techniques qui permettent d’améliorer sa visibilité dans les résultats de recherche organique sur les moteurs de recherche comme Google, Yahoo, Bing etc.

C’est une discipline vaste, très éclectique, au sein de laquelle interviennent des notions purement informatiques, comme les technologies utilisées sur les pages Web, mais aussi des disciplines 100 % humaines, comme l’ergonomie ou le marketing. Vaste chantier, qu’il est difficile de maîtriser entièrement , d’autant plus que c’est un secteur en constante évolution.

Voici donc les grandes lignes de la discipline et les points à améliorer pour être visible. 

 

Un classement géré par des algorithmes

Le référencement naturel en France est un champ largement  dominé par Google. En effet, 93 % des requêtes utilisateurs sont effectuées sur ce moteur de recherche. Les autres moteurs comme Yahoo, Bing, Duck duck Go ou le moteur Européen Qwant sont littéralement écrasés sur ce marché.

C’est donc Google qui fait la pluie et le beau temps. Et pour organiser le milliard de sites Internet dans ses pages de recherche, le géant de Mountain View s’appuie sur une puissance informatique phénoménale, répartie dans des dizaines de Data Centers partout dans le monde. À grand renfort d’algorithmes et de savants calculs, Google peut ainsi classer, trier, et organiser ses résultats de recherche pour proposer des contenus toujours plus pertinents à ses visiteurs.

Le traitement d’une requête sur Internet est très clairement automatisé et les algorithmes ont donc la part belle dans ce travail de positionnement.

C’est justement là que réside tout le secret du référencement : comprendre la façon dont fonctionnent ces algorithmes. Le travail chez Google étant particulièrement cloisonné et  personne ne connaît avec exactitude le fonctionnement de ces chaînes de calcul. Pourtant, après presque 20 ans de reverse-engineering, la communauté des référenceurs a pu déterminer des facteurs majeurs pour établir une bonne performance dans les résultats de recherche organique.

 

Les axes d’amélioration en référencement naturel

Chaque jour, le Web est parcouru par des centaines de milliers de programmes, dont ceux de Google. On estime que ces robots représentent à eux seuls environ 7 % du trafic sur le Web.

Les données récoltées passent quotidiennement dans une véritable moulinette algorithmique pour établir un classement, en fonction des requêtes des utilisateurs. Et au final, c’est ce qu’il faut retenir : les robots ont une perception de la « pertinence » d’une page totalement différente de celle des humains. Si la part accordée à l’expérience utilisateur grandit chaque jour parmi les critères de calcul, les bases d’un bon référencement naturel s’appuient donc principalement sur la capacité à séduire ces petits programmes.

 

Améliorer la compréhension des textes

Google ne comprend rien au sens d’une page. La seule chose qu’il peut faire, c’est traiter les données linguistiques et sémantiques récoltées, pour les considérer comme de pures statistiques. Et c’est à la lumière de ce traitement informatique qu’il pourra « comprendre » de quoi il est sujet.

Pour le dire autrement, on ne peut pas se permettre de jouer avec les mots, et certaines figures de style sont clairement proscrites. Écrire par exemple « la dernière conception de Jaguar, bienvenue dans la jungle de l’automobile » est terriblement hasardeux, car Google va croiser les données « pertinentes » pour les mots utilisés, et ici, on brouille le signal sémantique : « Jaguar », cela peut être à la fois un animal ou une marque de voiture. On parle ensuite de « jungle », ce qui pourrait pousser le moteur de recherche vers la case « animal », puis on parle d’automobiles… Pas facile de comprendre un texte quand on est un programme informatique !

La sémantique a donc toute son importance, et il faut aussi prendre en compte la pondération qui a lieu grâce au code HTML qu’on trouve sur la page. Pour le dire autrement, équilibrer le « wording » d’une page pour plaire aux robots de Google, c’est un véritable travail d’orfèvre …

 

Le maillage interne

Autre point  souvent négligé par les éditeurs de sites Internet : le maillage interne. Il s’agit simplement des liens que l’on va trouver à l’intérieur d’un site : plus une page reçoit de liens, plus elle est importante aux yeux des moteurs de recherche.

Or, sur un site, certaines pages n’ont aucun intérêt pour la recherche organique : les mentions légales, les conditions générales d’utilisation, voir même la page de contact. Et en les liant depuis toutes les pages du site, via le menu de navigation ou le pied de page, on leur donne beaucoup trop de poids  aux yeux des moteurs de recherche. Cela se fait donc au détriment des pages qui peuvent générer des “leads” et transformer un prospect en client. 

 

Les liens entrants

Tout comme les liens internes, les liens entrants ont un poids considérable pour le calcul d’une position. Pour faire simple, plus une page reçoit de liens externes, plus elle est considérée comme populaire, et meilleur sera son positionnement. Cependant, après une quinzaine d’années d’abus de la part des référenceurs, Google a fini par créer des filtres destinés à détecter les liens créés artificiellement. Le plus célèbre d’entre eux, c’est Penguin, sorti en 2011. Cet algorithme agit en gendarme du “net-linking », pour repérer les sites de spam et les éditeurs qui ne respectent pas les consignes aux webmasters de Google.

 

Les temps de chargement

Autre point très  important : les temps de chargement. En effet, parcourir et indexer le Web consomme énormément de ressources chez Google. La consommation électrique de ses Data enters dépasse largement celle de l’Islande. Il est donc important pour Google que les sites chargent le plus rapidement possible, afin de faciliter le travail des robots en charge de l’indexation des pages, et de réduire les coûts liés à cette opération.

Les temps de chargement ont également un impact fort sur l’expérience utilisateur et le taux de transformation. C’est donc un point à travailler avec beaucoup de méticulosité.

 

Investir dans son référencement naturel aujourd’hui, c’est assurer sa visibilité de demain

Les modifications que l’on fait sur son site, et les améliorations que l’on apporte à son SEO, mettent un certain temps à être pris en compte par les moteurs de recherche. Il faut en effet compter les temps de calcul qui sont faits au sein des différents Data Centers. Cela peut prendre plusieurs semaines, voire plusieurs mois dans certains secteurs. Et les prestations en référencement étant relativement coûteuses, il faut donc prévoir un véritable budget pour améliorer sa visibilité organique.

Mais le jeu en vaut la chandelle : chaque minute, Google traite 4 millions de requêtes, et les Français passent en moyenne quatre heures par jour sur Internet. Les derniers chiffres publiés par la Fevad montrent bien que l’économie numérique prend de plus en plus de place dans l’économie physique, et que la tendance n’est pas près de s’inverser :

  • En 2015, les sites d’e-commerce ont généré 56,8 milliards de revenus, soit 11 % de hausse par rapport à 2013
  • 79 % des internautes font des achats en ligne de façon régulière
  • En 2014, on recense 700 millions de transactions en ligne, uniquement pour la France

Plus que jamais, être présent en ligne, c’est posséder un levier phénoménal pour développer son activité et accroître son chiffre d’affaires.

 

 

Sources :

http://www.strategie.gouv.fr/actualites/revolution-numerique-une-revolution-industrielle

http://www.blogdumoderateur.com/chiffres-internet/