En 2013, deux jeunes entrepreneurs français constatent que les transports parisiens sont souvent très limités la nuit, pour les jeunes fêtards qui souhaitent rentrer chez eux après une soirée arrosée : les VTC sont trop chers, les taxis trop peu nombreux et les métros ne fonctionnent plus.

Ils décident alors de créer une nouvelle application : Heetch. Il suffit donc aux fêtards de contacter un chauffeur Heetch en indiquant leur position et ce dernier vient ensuite pour les déposer chez eux. Le prix du trajet est suggéré par Heetch, mais il reste à la libre appréciation du conducteur et de son passager. Le conducteur en question n’est pas un professionnel. Il doit cependant avoir obtenu son permis depuis plus de six mois et avec un casier judiciaire vide. Cette particularité résulte d’une volonté des deux fondateurs de l’application, afin de limiter les écarts intergénérationnels habituels entre un passager et un conducteur professionnel. L’application vise les jeunes et n’est faite que pour eux.

 

A priori, le concept est plutôt sympathique et se popularise très vite auprès de la cible visée, se développant à Lille, à Lyon et à Paris. Elle devient très vite l’application la plus téléchargée sur l’App Store, devant celle d’Uber et celle des taxis. Elle compte 300 000 membres et 50 000 trajets sont effectués chaque jour grâce à Heetch.

C’est alors que les critiques commencent à apparaître, dénonçant, à l’instar d’Uber, une concurrence déloyale pour les taxis. Le cofondateur de Heetch, Teddy Pellerin, rappelle alors quelques statistiques : 80% des utilisateurs de l’application affirment ne jamais avoir recours aux taxis. Il ne s’agit donc pas de voler la clientèle de ces-derniers, mais bien de proposer un service complémentaire, actif seulement la nuit. De plus, 70% des trajets effectués sont réalisés dans les banlieues, où les taxis sont très peu présents.

 

Malgré ces arguments, les deux dirigeants de Heetch ont été convoqués plusieurs fois par la police et placés en garde à vue, avant d’être relâchés. C’est le 22 juin qu’ils seront jugés par un tribunal correctionnel pour « complicité d’exercice illégal de la fonction de taxi ».

Bien décidés à réagir et à mobiliser les jeunes autour de l’application, Heetch publie un mois avant le procès une vidéo, mettant en avant les politiques présents aujourd’hui, mais à l’époque où ils étaient eux-mêmes des « jeunes ». On y voit des figures comme François HollandeNicolas Sarkozy, dans des extraits très courts, défendre la cause de Heetch. A la fin de la vidéo apparaît le slogan « S’ils étaient encore jeunes, ils se battraient pour Heetch ». La vidéo créée un buzz et un véritable bras de fer naît sur les réseaux sociaux pour défendre ou accabler le principe de l’application, avec le hashtag #TouchePasAMonHeetch.

 

 

Les cofondateurs de l’application espèrent, grâce à cette campagne, une mobilisation générale des jeunes qui représentent 80% des utilisateurs de Heetch (18 à 25 ans). Reste à savoir si les résultats seront à la hauteur de leurs espérances, puisque Teddy Pellerin reconnaît lui-même que l’avenir de Heetch est menacé. Réponse le 22 juin.

 

Sources :

http://rue89.nouvelobs.com/2016/01/25/heetch-lappli-transport-aurait-prefere-rester-discrete-262955

http://www.lepoint.fr/economie/un-mois-avant-son-proces-heetch-met-les-politiques-en-boite-24-05-2016-2041726_28.php

https://www.heetch.com/

Crédits image : http://www.gen-g.com/fr/clients/heetch/